1) Sa viscosité

 La viscosité d'un pétrole est lié à sa densité ainsi qu' à la présence de molécules organiques plus ou moins longue et complexe. En particulier, de longues chaînes de carbone et d'hydrogène, des molécules naphténinques et des molécules aromatiques le composent. Plus les chaînes sont longues, plus le pétrole est lourd et moins il sera visqueux.

Les dangers de la viscosité sont représentés surtout par les catastrophes écologiques causées par les marées noires. Ces déversements de pétrole dans les mers sont causés principalement par les hommes, par les accidents de pétroliers. 80 % des accidents de pétroliers entraînent des déversements d'hydrocarbures importants résultent des erreurs humaines comme une manoeuvre mal conduite, entretien négligé, fatigue de l'équipage. Toutes ces erreurs humaines causent des collisions, des échouements qui libèrent les hydrocarbures dans la mer. Ces catastrophes naturelles sont aussi provoquées par des incendies, des explosions des pétroliers, des nauffrages dû aux mauvaises conditions climatiques mais aussi aux mauvais déchargements et chargements des pétroliers ou encore à des attentats des pétroliers.


Accident pétrolier causé par une explosion:

Impacts des marées noires, de la viscosité du pétrole:

Les nappes d'hydrocarbures dévérsées affectent majoritairement les animaux qui viennent respirer à la surface,  les oiseaux qui plongent dans l'eau pour y chercher leur nourriture, les algues, et les micro-organismes vivant à la surface ou près d'elle (plancton). Ces déversements affectent également les macro-déchets, les bouées de navigation, les navires, les engins de pêche au moment de la mise à l'eau.


Oiseau englué dans le pétrole:

Deux groupes d'animaux sont les plus touchés et constituent des victimes qui nous touche le plus : les oiseaux et les mammifères. Lorsque les nappes sont importantes, ces animaux sont souillés et englués car les oiseaux se nourissent et se reposent entre deux vol à la surface de l'eau et les mamifères s'y reposent. La présence d'hydrocarbures en surface constitue un risque majeur d'ingestion et de souillure de la peau ou des plumes. Chez les oiseaux cette souillure du plumage provoque une perte d'isolation thermique, de flottabilité et de portance. Chez les mammifères, il y a des risques d'ingestions d'hydrocarbures quand ils se lèchent. A cela s'ajoutent des risques d'ingestion directe, d'irritation des yeux et des narines, d'étouffement par englument ainsi que des effets toxiques affectant l'organisme entier au niveau du métabolisme. L'engluement a aussi pour conséquence de provoquer des interférences physiques avec l'alimention ou d'autres comportements. Ces particules d'hydrocarbures peuvent être accumulées sur les épithéliums sensibles (branchies, muqueuses...), les encrasser et les détruire. Un animal pourra ingérer suffisamment de pétrole pour subir un effet toxique.


Épithélium branchial d’un poisson témoin et d’un poisson intoxiqué:

Le plancton est aussi très touché par ces devérsements d'hydrocarbures, il est souillé et englué. Les grands mammifères marins se nourissent de ce plancton car il est le premier élément de la chaîne alimentaire, ceux-ci seront donc également affectés par la pollution ainsi que les poissons.

 Chez un animal aux branchies affectées, l'organisme ne pourra pas assurer son oxygénation et des hydrocarbures solubles pourront pénétrer par la voix respiratoire dans le système sanguin. On rencontre souvent ce phénomène chez los mollusques filtreurs et les poissons de pleine eau et de fond.


Poissons mort à cause du pétrole:

Lorsqu'une marée noire atteint le littoral, où à proximité de la côte, les phénomènes de souillure et d'engluement touchent les zones de peuplement des marées hautes et basses et les diverses activités humaines au bord de la mer. Comme on l'a dit précédemment, les oiseaux et les mammifères sont des victimes évidentes, qu'ils s'agissent des oiseaux qui se nourissent à marée basse ou nidifiant sur le bord de la mer et les mammifères marins se reposant sur le rivage. Mais tout l'écosystème est également touché avec les algues, les poissons, les coquillages, les crustacés qui vient dans les mares littorales, sur les rochers et dans le sable des plages. Selon les endroits du litoral touché, l'impact dramatique peut-être plus ou moins grande comme vers les côtes rocheuses, les zones marécageuses ou encore les récifs coraliens etc... qui ont des sensibilités très différente face aux marées noires.   
Les côtes rocheuses exposées et escarpées offrent peu de possibilités aux hydrocarbures de s'y infiltrer en grande quantité. Elles sont donc rapidement nétoyées par le déferlement des vagues et ne sont pas très touchées par une marée noire. En revanche, à marée haute, elles peuvent être beaucoup plus affectées, surtout  lorsqu'on observe des mares littorales riche en faune et en flore creusées, où d'importances couches d'hydrocarbures viennent s'y accumuler.


Côtes rocheuses touchées:

Les plages de graviers, de galets et sables ont des risques élévés de contamination en profondeur car la plupart des hydrocarbures  s'infiltrent aisément dans les fentes jusqu'à des profondeurs où ils seront tellement enfoncés, qu'on ne pourra pas les retirer sans risque d'affecter gravement les espèces qui y vivent.
Les plages de sable fin ,quand à elles, ont tendance  à retenir les hydrocarbures à la surface où ils peuvent s'accumuler, puis et recouvert par une couche de sable plus ou moins épaisses.
Si la plage est en cours d'engraissement (vers l'été la sable migre vers le haut de la plage), d'autres couches d'hydrocarbures et de sables peuvent venir s'y ajouter, créant ainsi une pollution.

                                                                                 

Plages touchés par un déversement d'hydrocarbures:

Les zones marécageuses, dont les étangs piscicoles et les marais, sont particulièrement vulnérables. Leurs réseaux d'acheminement de ces zones favorisent le transport des hydrocarbures vers des endroits très abritées où les sédiments fins les retiennent sur de longues périodes. Les hydrocarbures ont alors un effet néfaste rapidement et très fortement sur les peuplements d’invertébrés et les parties des végétaux en contact avec l’eau. L’intervention humaine doit être très réfléchie car on peut bouleverser l'équilibre écologique.
Les marais maritimes des zones tempérées, comme les mangroves tropicales, sont particulièrement sensibles à la pollution par hydrocarbures. La respiration des racines aériennes des palétuviers peut être gravement affectée par une pellicule même fine d’hydrocarbures. De plus, de nombreuses espèces vivent là, certaines en permanence, d’autres de manière saisonnière, dont pour beaucoup à des stades juvéniles.
Ainsi, l’engluement d’une mangrove à la saison où les jeunes crevettes y trouvent leur nourriture avant de partir en mer peut avoir de graves conséquences pour la pêche côtière et la biodiversité du milieu pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

 


Pollutions de mangrove:


Zones marécageuses touchées:

Protégés par un mucus, les récifs coralliens résistent en général assez bien à des accidents isolés et d’ampleur minime. Mais ils peuvent être gravement affectés par des pollutions répétitives, ou lorsque les marées conduisent à un engluement massif de la partie superficielle du récif (seule partie vivante du récif corallien). Certaines des multiples espèces de poissons, invertébrés et algues marines qui habitent dans le corail peuvent être sévèrement touchées alors que le corail lui-même n’a que peu souffert.

 Au-delà de l’engluement, effet purement physique, la faune et la flore peuvent souffrir du contact avec les hydrocarbures à travers des phénomènes de toxicité et de mutations. Bien que les effets directs des hydrocarbures varient d’une espèce à l’autre à l’intérieur d’un même groupe, certains groupes sont globalement plus sensibles que d’autres.


Oiseau englué:


De même, les individus aux premiers stades de leur développement comme les oeufs, les larves et les juvéniles peuvent être plus gravement affectés que les adultes. Mais cette situation, qui paraît naturelle à nos yeux, toujours tentés de voir les jeunes plus fragiles que les adultes, n’est pas une loi absolue. Ainsi, chez certains vers, les larves sont plus résistantes aux hydrocarbures que les adultes.

 

                                                      Effets des hydrocarbures sur les organismes marins:

Indépendamment des mortalités causées par les effets de souillure et d’engluement, certains constituants des pétroles sont toxiques pour les végétaux et animaux marins. Cette toxicité peut être très forte, entraînant la mort rapide de l’organisme exposé par contact ou ingestion, ou en causant une perturbation grave des fonctions de base. La toxicité différée (sur plusieurs jours) intervient lorsque la capacité de survie de l’organisme est diminuée. C’est-à-dire lorsqu’il y a une réduction de sa résistance au stress ou à une agression biologique (maladies, parasites, prédateurs).
La toxicité forte est mesurée par la dose létale 50 (DL50) qui correspond à la dose susceptible de tuer 50 % des animaux auxquels elle est administrée pendant une durée donnée. Cette expression de la toxicité s’explique par le fait que tous les individus d’une même espèce n’ont pas exactement la même sensibilité pour un toxique. La DL50 mesure la sensibilité moyenne de l’espèce.
De nombreuses études ont été menées en laboratoire pour déterminer les composants les plus toxiques d’un pétrole. Ce sont essentiellement les composés aromatiques (hydrocarbures aromatiques polycycliques), assez solubles et de ce fait, rapidement disponibles pour les organismes marins.
L’agitation du milieu représente un facteur non négligeable dans l’évolution des concentrations en composés aromatiques. Sous de faibles conditions de turbulence, seuls les plus solubles entrent dans la masse d’eau, les autres sont intégralement évaporés avant d’avoir pu se dissoudre dans l’eau. Par forte agitation, des composés qui s'évaporent, moins solubles seront également introduits dans la masse d'eau.
Les hydrocarbures aromatiques polycycliques sont des contaminants présents partout dans l’environnement marin, d’une part, à cause de leur stabilité importante et, d’autre part, en raison de la multiplicité de leurs sources (brûlage de combustibles, industries diverses, incinération des déchets...). Ils sont considérés comme des contaminants prioritaires des écosystèmes tant terrestres que marins pour leurs potentialités cancérigène et mutagène. Leur toxicité résulte de la formation de métabolites (composé organique intermédiaire ou issu du métabolisme) par les organismes, qui se lient à l’ADN et entraînent des dysfonctionnements.

Exemple d'hydrocarbure aromatique polycyclique: fluorène:

Les effets toxiques sublétaux sont les effets qui diminuent la capacité d’une population à se maintenir à l’équilibre.

Cette perte d’équilibre peut prendre la forme d’une réduction de la fécondité (altération des gamètes qui est une cellule reproductrice) ou d’une augmentation de la mortalité pendant les stades larves et juvéniles. Cette perte d’équilibre peut se traduire par une perturbation de la communication entre les individus ou entre eux et le milieu, entraînant, par exemple, un dysfonctionnement du comportement migratoire. Cette perte d’équilibre peut également amener une croissance ralentie, que ce soit par perte d’appétit, et de retards dans les pontes ou les couvaisons...
Des expériences ont été faites en laboratoires où ils ont reproduis un milieu identiques sauf que les hydrocarbures mis dans le milieu ne sont pas mortelles.
Ils ont pu observer des troubles de comportement en particulier alimentaire, chez des crustacés.
D’autres ont mis en évidence une réduction de la capacité d’adhérence des coquillages aux rochers par leur pied. Ces effets ne sont cependant pas toujours importants, ni automatiquement négatifs : des cas d’accélération de l’activité métabolique ont été rencontrés chez certaines algues et une grande tolérance à l’ingestion d’hydrocarbures a été mise en évidence chez certains oiseaux de mer.


Oiseau victime d'une marée noire:

On peut aussi observer la bioaccumulation des hydrocarbures. L’incorporation de quantités même infimes d’hydrocarbures dans les tissus d’un organisme marin, par le biais de l’ingestion directe du polluant, peut affecter ses prédateurs. S’il n’est pas dégradé à un niveau ou à un autre, le polluant peut se concentrer tout au long de la chaîne alimentaire. C’est le phénomène de la bioaccumulation des substances chimiques à travers la chaîne alimentaire jusqu’à des concentrations bien supérieures à celles où elles se trouvent présentes dans l’eau.
Chaque niveau d’une chaîne alimentaire consomme en effet autour de 10 kg de matière de l'espère inférieur à la chaîne pour produire 1 kg de sa propre matière vivante. Si un contaminant passe d’un niveau à l’autre sans dégradation, sa concentration dans la matière vivante se multiplie à chaque fois d’un facteur proche de 10. Les organismes du haut de chaîne peuvent alors être exposés à des concentrations très élevées d’un produit préjudiciable à leur santé et qui n’a pas affecté les organismes du bas de chaîne. Le phénomène de bioaccumulation d’un hydrocarbure est fréquemment avancé comme une crainte majeure lors d’une marée noire. Il n’a jamais été mis en évidence de façon déterminante dans les cas de marées noires qui ont fait l’objet d’une exploitation pour éditer, à l’initiative du ministère de l’Écologie et du Développement durable, l’ouvrage de référence « Marées noires et environnement ». Cela n’implique pas que le risque soit inexistant. Mais si celui-ci existe, il reste d’un niveau suffisamment faible pour être masqué par d’autres phénomènes plus nets en situation de marée noire.


Etoile de mer victime de la bioaccumulation:

Le dernier phénomène observable est que l'odeur et le goût du pétrole continue après lavage des poissons et oiseau ce qui n'est pas très agréable.

On peut aussi observer des effets indirects. Des membres de tous les groupes d’organismes, algues, bactéries, invertébrés, poissons, oiseaux, mammifères peuvent être touchés par un déversement d’hydrocarbures. Tout dommage causé par le pétrole à des individus d’un groupe conduit nécessairement à des altérations de la structure et du fonctionnement de la communauté biologique. On peut différencier quatre grands types d’effets indirects :

• la mort par inanition (manque de nourriture) des organismes consommant des espèces polluées qui servaient à leur alimentation habituelle ;

• la perturbation de certaines interactions entre espèces, à la suite de l’élimination ou de l’affaiblissement d’espèces ;

• la prolifération massive d’organismes qui s’emparent de la nourriture habituellement consommée par les espèces présentes dans le milieu ;

• la modification de l’habitat à la suite des opérations de nettoyage, comme l’altération ou la disparition du substrat.

Vous pouvez voir d'autres images des conséquences d'une marée noire dans l'album photo. 

 

 

 

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